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Bonne pioche!
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Écrit par Frédéric
Jeudi, 18 Février 2010 06:55
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Jeudi, 18 Février 2010 06:55 |
Cela fait longtemps que je voulais t’écrire. T’écrire pour te sentir près de moi et t’avouer ce que j’éprouve depuis que je t’ai quittée il y a six mois déjà. Depuis quelques jours je vis face aux montagnes indiennes de Mudumalai, au cœur d’une réserve où la vie sauvage est voisine de tribus qui m’étaient jusque là inconnues. J’apprends à m’étonner de tout, à m’émerveiller de chaque chose, à vivre chaque instant. Autour du monde, j’ai d’abord appris à m’éloigner de toi, de mes habitudes d’européen, de mes grilles de lecture d’occidental. C’est un exercice difficile mais je comprends aujourd’hui combien il est nécessaire.
La première chose que je dois t’avouer n’est pas facile à reconnaitre mais il est temps que tu saches cela. Je dois te dire que contrairement à ce que j’ai appris à l’école, tu n’es pas au centre du monde. Dans chaque pays exploré, chaque culture découverte, je m’amuse à regarder les planisphères accrochés aux tableaux noirs. En Amérique du sud ils se croient au sud du centre du monde. En Australie, ils se dessinent au centre de la carte proche de tout le monde. D’Inde où je suis aujourd’hui, tu apparais comme un tout petit pays en haut à gauche d’une mappemonde que je ne connaissais pas. Les écoliers que j’ai rencontrés sont heureux d’étudier, ont soif de découvertes mais ne sont pas capables de me citer le nom d’une ville française. Tu te rends compte un peu ? Peut-être toi - comme tous les autres - avez eu besoin de vous croire au centre du monde. Est-ce à cause de cela que je te trouve si repliée sur toi-même, sur tes propres intérêts ? Et le chemin est court pour celui qui se croit AU centre du monde de se sentir LE centre du monde, tu ne crois pas ?
Finalement je crois que tu devrais avoir plus confiance en toi, en tes vraies et propres forces. Tu n’as pas besoin de te hisser sur tes talonnettes ou de jouer des coudes pour t’affirmer sur « la scène » internationale. Dans les yeux de celles et ceux croisés sur ma route et qui te connaissent un peu, j’ai vu la grandeur de la France. Ils sont admiratifs de tes convictions lorsque ta voix issue des Lumières résonne utile aux quatre coins du globe. Ils sont respectueux de ta République lorsqu’elle reste fidèle à ses valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. A ce propos, je dois t’avouer autre chose encore. Ne te fâche pas mais franchement parfois je suis gêné de l’accueil que nous recevons ici et partout. Gêné parce que je ne suis pas certain que tu sois toujours aussi accueillante, aussi ouverte. Gêné et finalement choqué, de ce monde qui ne tourne pas rond où ceux qui n’ont rien donnent tout, et ceux qui possèdent tout partagent si peu.
Tu sortirais grandie si, fidèle à ton Histoire, tu participais à faire taire cette hypocrisie planétaire. Ton identité ne peut être confondue plus longtemps avec la question majeure de l’immigration. Plus je voyage plus je comprends que ta frilosité est vaine, ta peur illusoire. Les pays qui avancent aujourd’hui sont ceux qui ont confiance en eux-mêmes, confiance dans leur capacité à accueillir pour progresser. L’Australie, Le Brésil, L’Inde pour ne citer qu’eux l’ont compris avant toi. Si tu ne le fais pas au nom de la fidélité à tes propres valeurs alors assume ta part au nom de tes propres intérêts ! Ou alors tu continueras de te mentir à toi-même et ne pourras t’étonner de ces millions d’hommes et de femmes qui au péril de leur vie essayeront par tous les moyens de rejoindre « la qualité de vie à la française ». Même si cette qualité de vie à la française se résume trop souvent à une caravane au milieu d’un terrain désaffecté, un baraquement de fortune ou un foyer et autres logements d’urgence, ils savent que cela vaudra toujours mieux que l’errance sans filet sur les marges du monde.
Tu le comprends, je suis encore plus convaincu aujourd’hui que le monde n’est qu’un. Tu auras beau te rassurer en t’inventant une bulle à coup de classifications savantes, érigées comme autant d’illusoires protections – tiers monde, G7, pays industrialisés, sommet des pays riches, club des je ne sais trop quoi – tu es et demeures condamnée à vivre avec tous les autres sur la même planète. Peut-être devrais-tu prendre le temps de rencontrer, d’apprendre davantage des autres. Tu serais surpris de l’inventivité, de l’ingéniosité de ces peuples et cultures vivants aux quatre coins du monde. C’est la dernière chose que je voudrais, dans cette lettre, partager avec toi. Tu as peut-être un peu trop oublié que la Terre était fragile comme un monde fini aux richesses limitées et non inépuisables. Toi et tes copains du « club des riches » avez vécu sans compter, sans mesurer, au nom de la Prospérité. Mais en même temps, comment t’en vouloir de ne pas en connaître les conséquences alors que tu voyages si peu et que les premières victimes de ces dérèglements s’entassent à mille lieux de chez toi ? Mais là n’est pas le sujet, revenons à la prospérité. Celle-ci ne peut se résumer au profit (im)pur et simple, sans foi ni loi. Et la prospérité de quelques-uns ne peut suffire à développer ce « vivre ensemble » dont tu te gargarises à longueur de discours. Ceci est d’ailleurs aussi vrai à l’échelle du monde qu’au sein même de ton propre pays.
J’ai vécu quelques expériences intéressantes en partageant la vie de peuples aux traditions ancestrales, des cultures de « peuples-nature ». Le « vivre ensemble » est compris comme la vie entre les hommes bien sûr mais aussi comme la vie en harmonie avec la nature. Bien entendu je n’attends pas de toi de te replier (encore !) dans une nostalgie éclairée à la bougie, mais je crois que nous avons à apprendre, à redécouvrir ce que permet un respect plus sincère de la terre et de la nature. Après le temps de la prospérité infantile nous devons passer à la prospérité raisonnable avec un objectif qui m’est cher : la solidarité. Solidarité dans le temps – à savoir avec les générations futures - mais aussi dans l’espace, avec les autres peuples de ce même village planétaire.
Chère France, Je dois te laisser. J’espère que tu comprendras ma lettre. Elle n’est qu’une déclaration d’amour, prends-la comme ça. Bonjour aux enfants en espérant qu’ils aient le même bonheur d’apprendre, la même soif de réussir et les mêmes sourires que ceux que je rencontre ici. Quant aux miens, tu vas les trouver changés. Eliot, Jules et Anatole reviendront des idées plein les poches. J’espère que tu pourras compter sur leur génération pour retrouver le goût d’être utile et agréable au monde.
Respectueusement,
Frédéric.
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Bonne pioche!
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Écrit par Frédéric
Vendredi, 05 Février 2010 03:05
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Vendredi, 05 Février 2010 03:05 |
Pour la première fois nous sommes au nord de l’équateur après des mois dans l’hémisphère sud. Pour la première fois nous avons un décalage horaire le plus faible avec la France. Et pourtant je ne me suis jamais senti aussi éloigné de mon petit village des bords de Loire. En fait à plusieurs reprises je me suis retrouvé à mille lieux de chez moi lorsque j’étais dans les glaciers de Patagonie, dans la forêt Amazonienne, dans les Andes chiliennes ou plus récemment sur les plages australiennes. Mais là c’est un vertige de plus. Ce n’est ni la glace, ni la forêt, ni l’eau, ni les montagnes qui me transportent mais la ville. Bienvenue à MUMBAI. Tumulte. Voilà le mot qui m’est venu à la bouche. La sonnette du promeneur à vélo ne peut cacher le bruit assourdissant de la circulation automobile, le parfum de cet art floral ancestral ne peut déjouer les odeurs nauséabondes de quartiers surpeuplés, le sourire attendrissant d’un enfant de la rue ne peut dissimuler la misère profonde et insoluble, les palais imposants ne peuvent à eux seuls assurer le décor d’une ville millionnaire et fragilisée par le temps, le bon air de la mer d’Oman ne peut éclipser une pollution de mauvais augure. Finalement, en s’accrochant, de la sonnette de vélo aux doux parfums des fleurs, du sourire d’un enfant à la beauté de l’architecture indienne en passant par la brise vivifiante du large, j’arrive à supporter le reste, l’autre face parfois révoltante de cette mégapole fascinante. Je me surprends même à aimer Mumbai.
Découvrir la ville à pied et le privilège du routard. C’est là que nous apprécions, prenons le temps de rencontrer, de « humer» la ville. Mais je dois avouer que mon petit délire à moi est tout autre. Calé sur la banquette arrière de ces milliers de fourmis jaunes et noires pétaradantes, je pourrais parcourir Mumbai de long en large et en travers comme un travelling géant des meilleurs films bollywoodiens ! Je crois que c’est même le meilleur endroit pour vivre Mumbai. Ces taxis hors d’âge sont à la fois les serviteurs zélés du tumulte indien et une ode à la vie. Au beau milieu des 17 millions d’habitants, nous vivons une nouvelle leçon grandeur nature sur le développement avec un très grand D. |
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Bonne pioche!
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Écrit par Jules
Jeudi, 28 Janvier 2010 23:57
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Jeudi, 28 Janvier 2010 23:57 |
Je suis allé découvrir les îles Whitsundays à côté d’Airlie Beach. Sur la première île nommée Hook, nous avons fait de la plongée sous-marine avec des jolis poissons et… des petites méduses dangereuses. Nous étions dans la grande barrière de corail. D’ailleurs, pour se reposer, il ne fallait pas marcher par terre pour la sécurité des coraux qui pourraient mourir mais fantastique plongée avec palmes, masque, tuba, combinaison rigolote,… J’ai ressenti que c’était super d’avoir une relation avec la nature marine. Le corail est une espèce en danger à cause du réchauffement climatique et de l’homme qui le ramasse,… Il y avait toutes sortes de poissons petits ou gros, plus ou moins jolis. Dès qu’ils trouvaient quelque chose à manger ils allaient de plus en plus vite et se battaient pour la nourriture. Je pouvais carrément les toucher !
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Bonne pioche!
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Écrit par Eliot
Jeudi, 21 Janvier 2010 00:11
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Jeudi, 21 Janvier 2010 00:11 |
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Nous attendions, allongés par terre à contempler les étoiles. Vers 22h15 un « ranger » nous a appelés. L’excitation avait remplacé la fatigue. Une marche sur la plage dans la nuit, puis... la rencontre. En fait la tortue était impressionnante : sa taille, ses gestes... Tout cela m'époustouflait. Cette grosse maman venait de pondre ses oeufs et de les recouvrir de sable. Seulement après, cette future mère retourna à l'eau sans trop se préoccuper de ses petits qui, eux, n'avaient fort peu de chance de s'en sortir seuls. Le projet de conservation encadré par des chercheurs australiens répond à ce besoin d’aider les tortues à naitre dans les meilleures conditions. Nous avons assisté et même effectué (à l'aide des « volontaires ») ce travail appelé « renidification ». Il consiste à : compter les oeufs pour les déplacer plus haut dans les dunes (là où ils seront en sécurité), leur construire un « nouveau nid » en creusant un trou et enfin noter : la date et leur position.Un peu plus loin, nous avons admirer l'éclosion des oeufs déjà «renidifié» : une petite centaine de bébés tortues qui devait se rendre dans l'eau le plus vite possible. D'habitude, les tortues y parviennent en suivant la lumière de la Lune mais n'ayant qu'un jour ou même qu'une minute, elles ont parfois du mal à y arriver surtout si la Lune se fait trop discrète. Et pour les bébés, cela représente parfois le parcours du combattant ! Certains prédateurs ne se privent pas de cette chair fraiche facile à attraper…Dans ces cas là, notre « petite équipe » est là pour « imiter » la lune avec des torches en utilisant une technique très rigolote : nous nous sommes divisés en trois files parallèles qui partent des dunes (là où les bébés naissent) à la mer. Celle du milieu est un peu spéciale : on écarte les jambes et on éclaire devant soi de façon à attirer les bébés en éclairant un chemin précis entre nos jambes. Le dernier de cette file a les pieds dans l'eau !J'étais dans cette file et j'ai trouvé ce moment particulièrement émouvant. J’ai pu aider des bébés durant leurs premiers instants de vie et on se prend même pour leur maman ! Je les ai trouvés très courageux, ces bébés si faible face au Pacifique... |
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Bonne pioche!
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Écrit par Frédéric, Vanessa et les enfants
Vendredi, 15 Janvier 2010 05:38
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Vendredi, 15 Janvier 2010 05:38 |
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SAPERLIPLANETE s’engage pour la biodiversité ! Après la préservation de la forêt Amazonienne, l’energie solaire et le réchauffement climatique, les Saperliplanautes ont exploré un nouveau sujet pour leur nouveau saperlireportage : la biodiversité à travers l’exemple du koala en Australie. Une fois n’est pas coutume, les enfants se sont investis dans ce travail passionnant. Trois jours de tournage au cœur de l’hôpital pour koalas et dans les forêts australiennes à la recherche de cet animal aujourd’hui menacé d’extinction. Une fois encore c’est la relation de l’Homme à la nature qui est en question. Saperliplanète vous propose de découvrir son quatrième reportage intitulé « un grand pas pour la biodiversité ? ». N’hésitez pas à le partager avec vos enfants, les écoles de vos enfants. Vous nous aideriez ainsi à sensibiliser la génération des enfants de Saperliplanète. |
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