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Une famille autour du monde
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Écrit par Frédéric
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Mercredi, 18 Août 2010 11:07 |
Il m’aura fallu un mois pour que j’y revienne. Que je sois capable à nouveau d’écrire, de dire les choses et de partager. Durant ce mois je fus comme un otage fraichement libéré de mes rêves les plus fous, craignant la lumière et la confrontation au réel. Je me suis caché pour me retrouver.
Un mois en suspension. Un mois entre ciel et terre. Un mois à réfléchir, à organiser ma maison comme j’aimais organisé mon sac à dos. Un mois à comprendre qu’il y avait une vie après…la vie.
Il est donc bien vrai que nous ne sortons pas indemne d’une aventure au long court. Quel intérêt et quel plaisir il y a-t-il - après avoir dépoussiéré toute sa maison – à redisposer les mêmes bibelots sur les mêmes meubles aux mêmes endroits ? Mon esprit aussi dépoussiéré ne peut plus non plus s’accommoder des mêmes idées, des mêmes conceptions, dans la même vie. Je dois l’assumer. Avant de partir j’avais écrit que la véritable aventure n’était pas tant de voyager sac au dos autour du monde que de décider de le faire. Je ne pensais pas si bien dire. Au fond de moi je me préparais à un retour difficile, pris au piège délicieux que je me tendais. Je ne regrette rien. Ce fut une expérience de vie absolument incroyable et en même temps un voyage intérieur salvateur. Cette sensation délicieuse de « tutoyer » l’Humanité durant des semaines et des mois, de se savoir homme parmi les Hommes, est à jamais en moi. Je me suis offert le temps et la distance. Du temps pour nous, pour moi et de la distance sur nous et sur moi. Là est le secret. Notre société occidentale qui fait l’éloge de la vitesse jusqu’à en crever ne prend plus ni la distance nécessaire pour réfléchir, ni le temps de réfléchir avant d’agir. Ainsi sommes nous condamner à gaspiller notre énergie à réparer notre manque de discernement, à corriger notre paresse de la pensée et parfois même à lutter contre notre absence de courage. Peut-être ai-je appris à ne plus avoir peur. Ni de moi ni des autres. Sans aucun doute même. La vie n’est que risques. A vouloir ne pas se l’avouer, nous pourrions passer à côté de l’essentiel. Aujourd’hui je pose les pieds sur ce bout du monde que j’aime tant, avec la conviction profonde que l’aventure ne fait que commencer. « Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront » disait René Char. J’espère que vous vous habituerez.
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Coup de cœur
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Écrit par Jules
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Dimanche, 04 Juillet 2010 12:00 |
Ce sont les quatre animaux sauvages qui m'ont le plus impressionné.
1- Le rhinocéros
Un soir tard, nous sommes allés au trou d'eau d'Okaukuejo, dans le parc national d'Etosha. Nous avons vu deux rhinocéros qui se battaient entre eux. La taille du mammifère est très impressionnante. Après ils ont été chassés par les éléphants qui, eux, voulaient boire à la rivière. Les rhinocéros, sont des herbivores qui mangent malheureusement des herbes à peine vertes à la saison sèche.
2 – L'éléphant
C'est le plus gros animal terrestre au monde. L'éléphant est impressionnant par sa grosseur, donc tous les autres herbivores ne viennent pas le déranger. C'est magnifique de voir un éléphant boire de l'eau. Comme il est lent, il y a plusieurs étapes. Il s'approche, il fait peur aux antilopes, springboks, oryx, et enfin arrive au trou d'eau, aspire de l'eau avec sa trompe et en verse dans sa gueule. On a vu que quand il perd ses dents pour la quatrième fois, elles ne repoussent plus alors il ne peut plus manger et il meurt de faim.
3 – La girafe
Avec ses taches marrons, la girafe est d'une beauté incroyable en pleine nature. Grâce à son long cou, elle peut atteindre les plus hauts arbres de Namibie. Et l'avantage, c'est qu'elle peut se défendre des félins avec ses sabots. C'est drôle de voir une girafe boire à la rivière ou au point d'eau. Les pattes de la girafe peuvent atteindre 1 mètre 30 voire 2 mètres.
4 – Le zèbre
Connu pour sa vitesse, le zèbre est un des animaux que j'ai trouvé le plus beau. La plupart du temps, il vit en troupeau. Les zèbres sont souvent dans les endroits d'eau et de verdure. Le zèbre a des rayures pour rendre folle la mouche Tsé-tsé qui pourrait les endormir. Après s'être lavé, le zèbre se roule dans la poussière pour se protéger des moustiques.
Jules
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Une famille autour du monde
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Écrit par Vanessa
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Dimanche, 04 Juillet 2010 11:06 |
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C'est à leur sourire édenté qu'on les reconnaît. Les Himbas ont conservé cette tradition millénaire de se faire enlever les dents de devant. Le rituel de l'arrachage de dents a lieu à la puberté. C'est un élément fort de leur identité auquel aucun d'entre eux n'a renoncé. Ils se distinguent ainsi des autres ethnies. C'est aussi un indice pour le visiteur étranger qui se trouve fort dérouté quand on lui présente des Himbas... habillés comme vous et moi.
Première rencontre avec ce peuple du désert nord-namibien, croisé sur la route dans le Kaokoland. Une vingtaine d'hommes et de femmes s'entassent dans une voiture qui descend au village de Sesfontein, à 100 km de chez eux. Les femmes portent des chapeaux fleuris assortis à leur longue robe, plats sur le dessus pour supporter des poids, les enfants endormis sur leurs genoux. Trois heures de piste les attendent avant de rejoindre la « ville », c'est-à-dire, la dernière station avant le désert, où l'on trouve de l'électricité, du réseau téléphonique, (pas internet), un petit supermarché et une pompe à essence et quelques maisons. Nous nous saluons, échangeons des sourires. « Moro ! (bonjour) Perivi ? Nawa ! » (ça va ? Oui, bien!) Et nous repartons.
Nous nous rendons chez eux, à Puros, le village où vivent Himbas et Hereros. Un fond de vallée au bord de la rivière Hoaruseb. Impression d'être, une fois de plus dans ce voyage, au bout du monde. Si c'est un petit paradis pour l'étranger, c'est parfois aussi un enfer pour l'autochtone car ici, le soleil brûle neuf mois sur douze et la terre aride n'offre rien mis à part quelques arbustes à brouter pour le bétail (chèvres et vaches essentiellement). Félins et éléphants eux sont en terre familière et les habitants doivent composer avec cette menace permanente.
Certains ont laissé tomber l'élevage et ont quitté leurs huttes . Sont partis à la ville chercher l'eldorado, qu'ils n'ont évidemment pas trouvé. Et n'ont jamais pu reprendre leur vie d'avant. D'autres perpétuent la tradition pastorale mais ont peu à peu abandonné nombre de leurs coutumes pour s'habiller à l'occidentale, envoyer leurs enfants à l'école et chercher d'autres sources de revenus que le bétail en se tournant vers le tourisme. Une manne importante, prometteuse. Les habitants de Puros bénéficient ainsi des revenus du camping communautaire et veillent sur les lions qui rôdent dans le coin. La faune sauvage est devenue un argument pour attirer les touristes et non plus seulement un danger.
Où sont donc passés les Himbas traditionnels, ceux qu'on nous vend dans les magazines et dans les émissions à grande audience de la télévision ? A Puros, ils ne sont plus qu'une poignée réunis dans un seul village. Il faut s'enfoncer plus au nord du Kaokoland pour en rencontrer davantage. Plus loin toujours plus loin de la civilisation. Nous décidons d'aller les saluer, ceux qui pourraient correspondre aux représentations de l'imaginaire collectif.
Disposées en cercle, les huttes faites de bouse de vache séchée mélangée à de la terre et de l'excrément d'éléphant se font face. Au centre, vivote le feu sacré qui jamais ne doit s'éteindre, garant de la relation à l'au-delà. Seules les femmes, les enfants et le vieux sage sont restés au village. Les hommes sont partis conduire les troupeaux. Les femmes himbas vivent seins nues, avec un pagne en peau de chèvre pour seul vêtement et s'enduisent le corps de crème, mélange de graisse animale et de poudre ocre, se couvrent de bijoux et portent une coiffure très particulière. Les hommes, peu vêtus aussi, ont cependant le droit de se laver. Les femmes Himbas cueillent des plantes dans la savane (Commiphora Wildii) pour se parfumer et préparer un encens qui servira de « lessive » naturelle pour les vêtements et les couvertures. Les Himbas appartiennent à l'ethnie bantoue, apparentée aux Hereros. Appelé le peuple rouge en raison de la couleur de leur peau, semblable à celle de la terre de cette partie de la Namibie, ils ont toujours été des nomades. Contraints de trouver de nouveaux pâturages régulièrement en raison de l'aridité de la terre. Ces tribus sont malheureusement victimes du tourisme. Les Himbas en ont d'abord trouvé des avantages (financiers, afflux de nourriture), mais les villages ont perdu de leur authenticité. Installés en tailleur dans la hutte de la doyenne du village, nous admirons les différents pagnes épinglés au mur, dont un plus beau que les autres, couvert de bijoux. Celui de ses noces. Nous tentons de discuter. En toute fin, celle-ci nous questionne : « Etes vous à votre aise, ici, dans ma hutte? » (ces maisons sont de petite taille, plus petite que les yourtes). « Bien sûr » lui répondons-nous. Elle nous écoute, incrédule. Les Himbas sont réputés pour ne pas être facilement accessibles. Ceci s'explique par leur histoire. Et peut-être aussi est-ce la condition de leur survie. |
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Coup de cœur
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Écrit par Eliot
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Jeudi, 24 Juin 2010 09:11 |
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Aujourd'hui, on est à J-15 de Nantes. Ici, entre océan Atlantique et désert, en Namibie, le tour du monde est presque déjà fini ! Pratiquement un an s'est écoulé. J'ai remarqué qu'aux premiers jours de mon voyage, à Rio de Janeiro, ma famille et mes copains me manquaient énormément. Aujourd'hui, après plus de 330 jours d' itinérance, ils ne me manquent plus vraiment, j'ai même l'impression bizarre de m'être « rapproché » d'eux. J'ai aussi remarqué que de n'avoir que deux lits pour trois (on a même fait plusieurs fois trois lits pour cinq!) nous pose de moins en moins de problème. J'ai appris à vivre avec le minimum de livres, de place pour moi et de copains. Pendant un an j'ai vécu avec trois pantalons et quatre tee-shirts. En ce moment, je vis ma dernière immersion dans la culture des peuples de Namibie. je ne crois pas qu'elle soit comme les autres car plus on se rapproche du 9 juillet, plus quelque chose de bizarre se passe dans nos têtes et même dans nos attitudes... Bien sur, je vais être heureux de revoir mes proches, ma maison et ma ville mais quelque chose aura définitivement changé pour le reste de ma vie.
Eliot
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Le Développement durable en direct
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Écrit par Jules
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Mercredi, 23 Juin 2010 18:39 |
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Nous sommes partis pour les dernières semaines de notre tour du monde, en Namibie, pour découvrir la nature. Nous avons choisi de dormir dans des camps en plein désert. Avec très peu de confort nous changeons tous les jours de camp ! Mais on trouve souvent une douche chauffée au bois ou par le soleil. Et puis le coin barbecue pour faire un feu car la nuit il fait des fois très froid. Nous dormons dans deux tentes accrochées sur le toit de notre voiture... c'est drôle et en fait ça marche bien. Hier, nous sommes montés tout en haut d'une dune et nous avons sauté, couru, glissé sur la descente. Après nous avons vu la vallée de la mort qui porte bien son nom. Car il n'y a plus de végétation, aucun arbre n'a résisté à la chaleur. C'était beau mais aussi triste. Sur les routes j'ai eu la surprise et l'émotion de voir des zèbres et de girafes. Au milieu de nulle part c'était magnifique !!! Aussi au passage il y avait plein de springboks et d'oryx. Je suis épaté de la nature namibienne.
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Coup de cœur
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Écrit par Frédéric
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Dimanche, 13 Juin 2010 18:37 |
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Ce tour du monde cachait un mystère. Et si ce voyage était une nouvelle naissance ?
Curieuse question pour un globe-trotter en vadrouille non ? Et pourtant… Plus j’analyse ce qui se joue en ce moment autour du monde, plus j’observe mes trois garçons et plus je suis intimement convaincu que nous vivons un moment extraordinaire : Eliot, Jules et Anatole sont en train de naître une deuxième fois.
« Tu enfanteras dans la douleur ». On ne peut pas dire que le message biblique ait éclairé ma vie. Cependant, pourquoi ne pas avouer que ce pari fou et sublime ne fut pas toujours une partie de plaisir ? Et d’ailleurs, cette épreuve n’était-elle le cri d’une nouvelle naissance, la balise sonore d’un nouveau projet de vie à défaut de nouvelle vie ?
La gestation aura été originale dans sa forme et par sa durée. La grossesse fut un peu plus longue que d’habitude il faut l’avouer et surtout partagée, portée par la mère et le père ! Décidemment, on n’arrête pas le progrès ! Mais le résultat est là : je suis émerveillé. Emerveillé de les découvrir, ces garçons que je ne connaissais pas ou pas assez. Leur mise au monde fut progressive mais rien n’est plus lent que la naissance d’un Homme, non ?
Le nouveau-né ouvrant les yeux, pour la première fois, découvre son monde à lui. Il ne voit guère plus loin que le bas de son couffin. Les premiers regards des garçons en voyage, furent aussi innocents et émerveillés devant l’immensité du monde. Mais il est vrai que le berceau avait changé d’échelle.
C’est ici autour du monde qu’Eliot, Jules et Anatole sont nés en portant petit à petit un regard éclairé sur eux-mêmes et sur l’état du monde. Ils savent que parfois les garçons préfèreraient naitre dans les choux plutôt que d’être forcés à travailler si jeunes et les filles dans les roses plutôt que d’être la marchandise d’un commerce infâme. Ils savent que les cigognes préfèreraient apporter les nouveaux-nés plutôt que de passer leur vol à ne plus comprendre ces paysages aux saisons torturées et au climat déréglé. Ils savent désormais beaucoup de choses. Peut-être trop pour leur âge me dis-je parfois.
Je suis ému aujourd’hui comme je le fus le jour de leur première naissance. La même émotion pour un même pari. Qu’ils trouvent leur place dans ce monde. Qu’ils vivent et s’épanouissent. Qu’ils soient heureux si possible autant que je le suis. J’ai assumé, à trois reprises, la première séparation en cisaillant le cordon ombilical qui les reliait à leur mère. Je n’oublierai jamais. Aujourd’hui, à nouveau, j’assume cette mise au monde avec confiance.
Ils ont grandi. Que les grands-parents se rassurent, ils ont même souvent bien mangé ! Mais ils ont surtout grandi. Grandi de l’intérieur. Leurs sacs à dos sont lourds de valeurs expliquées et partagées, d’émotions fortes et sincères, et d’expériences initiatiques. Si lourd que la vie à venir pourrait leur sembler non pas plus légère mais plus facile.
Après cette naissance au long court – qui n’aura ni lieu ni date faciles à déterminer – je sais qu’Eliot, Jules et Anatole sauront profiter de leur enfance à laquelle ils ont droit. Ainsi, en pensant à tous leurs petits copains rencontrés sur les chemins du monde, ils devront prendre conscience de leur chance d’être bien-nés. Un papa heureux. |
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Une famille autour du monde
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Écrit par Vanessa
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Jeudi, 10 Juin 2010 17:12 |
Soweto est le township le plus célèbre d'Afrique du sud, quartier d'où est partie la révolte des Noirs il y a 34 ans. On a profité de notre passage à Johannesburg pour y faire un petit tour intelligent, c'est-à-dire accompagnés par un guide black, qui nous a donné les codes pour comprendre l'enchaînement des événements. Une incursion dans Soweto et ce sont d'abord des flashs qui reviennent. Des images télévisées de la lutte anti-apartheid. Des airs connus qui résonnent à l'oreille : « Freeeee... Nelson Mandela ! » des Specials et « Oh, oh oh, Mandela day » de Simple Minds. On avait quinze ans, on s'éveillait à la politique et on découvrait cette injustice de la ségrégation raciale, loin d'être un cas isolé dans le monde.
Soweto est en fait un énorme espace urbain d'une centaine de km2 à côté de Johannesburg. « Ce n'est pas une ville, c'est un township » _ corrige notre guide. Pas de centre, mais plusieurs quartiers qui composent un ensemble hétéroclite. Les misérables baraques au toit de tôle, légendaires... Les « elephant house », surnommées ainsi à cause de leur toit en ciment qui ressemblent de loin à des dos d'éléphants. Des maisons d'ouvriers, toutes identiques, accolées les unes aux autres. Lorsque Nelson Mandela est arrivé au pouvoir, les ouvriers ont pu y faire venir leur famille et leur quotidien en a été amélioré. Et enfin le quartier chic de Soweto, où vit maintenant le prix Nobel de la paix, et où s'ouvrent négligemment des B&B porté par le vent du renouveau... Soweto s'est faite belle pour la coupe du monde de football. Partout des ouvriers s'affairent pour embellir le quartier et les musées se préparent à accueillir les curieux. Soweto a son stade construit spécialement pour la world cup. Aux carrefours, des vendeurs de vuvuzuela et de drapeaux guettent le client. Comme partout en Afrique du sud. Un énorme mall (centre commercial) a vu le jour dans le township où autrefois il n'y avait rien.
Les écoliers sud-africains visitent par dizaines le musée Hector Pietersen tué le 16 juin 1976 dans les émeutes de Soweto. Un garçon note scrupuleusement sur son carnet le nom des enfants tués ce jour-là et les suivants. Terribles journées où les élèves africains ont été pourchassés jusque chez eux en riposte à leur refus d'apprendre l'afrikaans à l'école. « J'avais 13 ans moi aussi lors des événements. J'habitais un township de Pretoria, nous aussi, étions révoltés », raconte Same, notre guide. Ecoles fermées, chasse à l'homme. Des photos, des témoignages, nous montrent ce qui n'était au début qu'une manifestation pacifique de jeunes mais qui a très vite dégénéré. On tire sur la foule et Hector sera le premier d'une série de 130 morts et de plus d'un millier de blessés. Début de la rébellion contre l'apartheid. Qui prendra fin avec la libération de Nelson Mandela en février 1990, vingt-sept ans après son arrestation.
Notre route sur les traces de Mandela s'achève avec le musée de l'apartheid, ouvert en 2001. Un parcours émouvant et brillamment réussi dans les entrailles de la ségrégation raciale. Selon le ticket d'entrée qu'on nous attribue, on pénètre par la porte réservée aux noirs ou aux blancs. Les deux ne se rejoignent pas. Dans le couloir pour les Noirs, s'affichent des cartes d'identité flanquées de l'appartenance raciale. Au bout du couloir, pas de porte de sortie. Comme si à l'époque de l'apartheid, être Noir aboutissait à une impasse. Le sort de nombreux leaders de l'ANC l'a malheureusement bien illustré.
Cours d'histoire en direct pour les enfants qui n'avaient pas imaginé un seul instant un monde fonctionnant selon ce mode de pensée. Les idéaux d'égalité, de justice sociale et de démocratie sont affichés sur les piliers extérieurs du musée, donnant l'impression de se hisser haut dans le ciel. En les regardant à travers les vitres de la voiture, je me prends à espérer qu'ils finiront par triompher, ici, comme dans le reste du monde. Car si l'Afrique du Sud a progressé depuis notre dernière visite, en 1999, l'apartheid économique demeure.
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Une famille autour du monde
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Écrit par Vanessa
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Lundi, 07 Juin 2010 17:05 |
Sortir de son sac ses maigres habits. Ne sortir que ce dont on aura besoin dans les trois prochains jours car après, il faudra recommencer. Faire et défaire son sac éternellement. Non, pas éternellement. Juste le temps d'un voyage. Mais un voyage qui dure un an. Je détestais faire et défaire mon sac, lorsqu'enfant, je le transportais chaque semaine de la maison de ma mère à celle de mon père, comme on porte un fardeau.
Là, c'est différent. Je ne déteste pas. Le voyage transcende la contrainte. Le sac ne contient que quelques vêtements, une trousse de médicaments, ces deux ou trois livres non encore lus, véritables promesses d'évasion, les cours des enfants, et tous ces petits riens qui finissent par peser.... 18 kg. Chaque objet à sa place. La lampe frontale dans la poche du dessus, la trousse de couture (deux aiguilles, du fil) dans celle de côté, et les tongs, qu'on glisse toujours dans la poche du bas pour mieux s'en saisir et se délasser les pieds après une nuit de train... Mais surtout, c'est un sac de voyage. Un baluchon comme on en a tous rêvé un jour parce qu'il symbolise l'aventure, la liberté. Se délester de tout ce qui ne compte pas pour vivre avec l'essentiel.
Itinérance. C'est notre mode de vie depuis neuf mois. Nous sommes des nomades, qui portons nos vies sur notre dos. C'est comme le prolongement de notre corps. Parfois quand je regarde les enfants, le dos courbé sous le poids de leur sac, je frémis. Que ne leur impose-t-on pas ? Anatole me fait penser à l'escargot, qui avec sa maison sur le dos, s'en va lentement dans le grand monde. Dans la foule chinoise, on avait tout de cinq hurluberlus : trois garçons aux cheveux longs, qui en plus, portent leur sac sur leur dos. Il semble qu'en Chine, ce ne soit pas dans les moeurs. Depuis le départ, il est vrai, on n'est jamais passé inaperçus. En Amérique du sud, les gens touchaient le crâne des enfants en les complimentant; en Inde, ils se faisaient pincer les joues amicalement; en Chine, on se faisait arrêter et photographier par des gens incrédules. En Afrique du sud, on reçoit de larges sourires.
Etre nomade c'est aussi accepter de se glisser dans un nouveau lit chaque fois, de perdre ses repères rassurants, de n'avoir pas de chez soi. Nous venons de fêter notre 100ème lit. Et si nous les avons comptés, c'est que ce n'est pas rien. Notre maison, il y en aura eu une centaine, des confortables, des pas terribles, des chaleureuses, des petits bijoux et d'autres qu'on voudrait quitter à peine arrivés.... Des cocons, des anonymes, des poussiéreuses, des p'tits coins de paradis... Et souvent, en fin de journée, l'un de nous se surprend à dire « on rentre à la maison ? » en parlant du dortoir de l'auberge de jeunesse, de la poussada, de l'hôtel, de la yourte ou de la maison de nos hôtes où on a posé nos sacs. On y recrée un quotidien. On choisit notre cantine du coin dans les pays « pas chers », notre supermarché du coin dans les autres pays, la table de nuit sert de bureau d'écolier, et la chambre de chacun se résume bien souvent à notre propre lit, notre espace vital, en somme.
Ce sont des home sweet home qui ne nous appartiennent pas et pourtant qu'on investit à 200 % lors de notre séjour. On s'y sent bien, comme à la maison ! Et chacun d'entre nous garde un souvenir intact de chaque lieu de vie où, ne serait-ce que pour un, deux, trois jours ou beaucoup plus, nous avons posé nos sacs pendant cette année de transhumance. |
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